On vous promet de belles sommes d’argent pour vos associations, vos routes. Et après ? Après on vous dégage. #Témoignage

Témoignage d’un agriculteur face à un promoteur qui sévit aussi dans notre belle région.

#eoliennes. Quand un promoteur éolien veut dégager les agriculteurs

Témoignage d’Etienne Guéry, Maine et Loire, Commune de Tillières

Je m’appelle Etienne Guéry et je suis agriculteur à Tillières dans le Maine et Loire. Je veux témoigner aujourd’hui pour montrer à toute la population que les promoteurs éoliens sont prêts à tout pour installer leurs machines, au mépris des agriculteurs, au mépris de la santé des gens, au mépris de ceux qui sont installés sur les terres depuis des centaines d’années. C’est mon cas : ma famille exploite notre ferme depuis trois générations.

Aujourd’hui, j’exploite le GAEC familial avec mon frère et ma mère. Nous avons des bovins, et aussi des poules.

En 2015, un promoteur a réalisé une enquête publique pour implanter des éoliennes au plus proches de nos stabulations (les étables) : certaines à 170 mètres ; d’autres à 200 mètres. A ce niveau de proximité, nous avons expliqué au commissaire enquêteur qu’aucun animal ne pourrait survivre en bonne santé, et que nos poules allaient cesser de pondre.  Le commissaire s’est rendu sur place, il a vu les bêtes, il a vu notre lieu de travail. Mais il a seulement indiqué sur le rapport : «  hangar agricole ». Il a quand même dû vraiment mal regarder, parce que 300 bovins, avouez que ça ne passe pas inaperçu. Il a pourtant donné un avis favorable pour la construction des éoliennes, comme s’il n’y avait pas âme qui vive sur les terrains voisins.

Nous avons donc décidé de faire appel de cette décision. Alors, la filiale du promoteur (des investisseurs allemands) s’est déplacée pour nous parler, pour essayer de nous faire changer d’avis. Mais nous avons maintenu notre appel…

Vous trouvez déjà ce récit scandaleux ? Eh bien vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Pour le promoteur, nous devenions franchement gênants pour ses affaires. Il savait bien entendu qu’à la minute où les machines seraient mises en route, nos bêtes tomberaient comme des mouches, surtout à cette distance. La solution ? Nous faire disparaître !! Donc, ils ont cherché à nous dégager.

Voici comment ils s’y sont pris : en 2016, je devais faire renouveler mon habilitation ICPE : il s’agit d’un document qui autorise ou non notre exploitation. C’est l’Etat qui donne cette habilitation. Les promoteurs ont été informés que j’étais en train de renouveler le document, et ils s’y sont opposés en donnant deux arguments :

–         1. Le bâtiment d’élevage allait générer une perte économique pour le parc éolien à venir. Ah bon ? Mais ….comment dire…qui était là avant ? L’agriculteur ou l’actionnaire allemand ?

–         2. Les nuisances olfactives générées par les fumiers de bovins allaient gêner les ouvriers qui seraient en charge de massacrer les champs alentour pour couler les 1500 tonnes de béton prévu pour chaque éolienne.

C’en était trop. Nous avons donc placé des panneaux sur une route très passante : Nantes-Cholet.

Ça les a fait reculer, pour l’instant ils ont retiré leur plainte parce qu’ils n’aiment pas quand on s’en prend à leur belle image.

D’ailleurs, pour finir, je voudrais adresser un mot aux promoteurs au cas où ils liraient mon témoignage. L’industrie éolienne est arrivée dans nos champs par des accords de propriétaires terriens en majorité agriculteurs, ou héritiers du monde agricole. La révolte de ce monde agricole pourrait sonner le glas de cet envahissement destructeur et méprisant. Sachez que nous, les ruraux, si on a cédé une 1ère fois à vos pressions, on ne se fera pas avoir 2 fois. Témoignage recueilli par sioux berger #valorem