Elle est où la logique ? #Témoignages

Témoignage de Sylvain Froger, Limoges.

Bonsoir, ci-dessous le texte (je précise par ailleurs que les éoliennes en question font 4 MW, 200 m de haut en bout de pâle, les pâles font 75 m de long (Projet de Fromentaux Cnes Nexon et La Meyze – 87)) :

J’habite une maison au Sud de Limoges. Je l’ai fait construire pour ma famille. Ce que nous voulions avec ma femme, c’était y vivre tranquilles, loin du bruit et de la pollution, avec nos trois enfants. J’ai donc acquis un terrain en 2015. Bien sûr, personne ne m’a informé qu’il y avait des promoteurs éoliens qui avaient déjà prospecté pour louer des terres dans le secteur. Ça, personne ne vous le dit. Ça se passe «  sous le manteau ». Et puis un jour, ça ressort brusquement, comme si le projet venait de voir le jour alors qu’il mijote depuis déjà plusieurs années. Donc, à cette époque je n’en savais rien, et je poursuivais mon projet de construction de maison.  

Durant la signature du compromis de vente pour le terrain, le notaire m’apprend seulement que je suis dans le périmètre éloigné d’un captage d’eau potable. Pendant la phase de demande de permis de construire, le constructeur m’informe que je dois soumettre mon dossier à l’ARS (Agence Régionale de la Santé) en raison de la proximité du captage. Ça me paraît tout à fait normal et je me plie aussitôt à la procédure. Mais l’établissement public en question refuse mon projet sous prétexte que le rejet de mes eaux usées dans la zone de captage risque de polluer l’eau. Franchement je n’ai pas trop compris cette décision, mais je prends acte, et je modifie mon projet en conséquence.  Je me mets aux normes en investissant dans un système d’assainissement, avec pompe de relevage, afin d’évacuer les eaux hors du périmètre de la zone de captage.

Peu de temps après, j’apprends qu’un projet d’installation d’éoliennes de 200 mètres de haut est prévu à proximité de mon village dont une à 650 m de mon domicile. La première version du projet proposée par le promoteur a été refusée par l’ARS car l’une des éoliennes était quasiment en limite du périmètre.

Dans la dernière mouture du projet, le promoteur a donc pris soin d’éloigner son éolienne du captage …elle se situe à présent à …80 m environ du périmètre : regardez le plan que je fournis.

Je voudrais donc comprendre la logique : moi, particulier, petite famille de 5 personnes, on me dit que je vais polluer la nappe et on me demande une mise aux normes. En revanche, pour une installation industrielle, on ferme les yeux alors qu’un seul  aérogénérateur contient 400 à 600 litres d’huile sous pression, lubrifiant indispensable, constitué de différents métaux lourds. Pour l’anecdote, à Maureac, en 2013, il y a eu une fuite et  25 tonnes de terre ont dû être excavées et envoyées à une filière spécialisée pour dépollution.

Elle est où la logique ?

Témoignage de Frédéric Mortier (Trizac, Cantal)

Les promoteurs ont le droit de construire, moi j’ai le droit de me taire.

Je suis propriétaire d’un buron dans le Cantal. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une ferme isolée qui servait autrefois de refuge aux éleveurs et à leurs troupeaux.

Dans mon buron, il n’y a pas l’électricité. J’ai donc demandé à la commune un permis de construire pour une petite éolienne individuelle de 10 mètres de haut. Je pouvais ainsi être indépendant car je produisais moi-même l’électricité dont j’avais besoin. Le permis m’a été refusé.

Quelque temps après, un projet d’implantation de 10 éoliennes de 180 mètres de haut ont vu le jour : mon buron va être cerné, entouré par les aérogénérateurs industriels.

Mais moi, je n’ai pas le droit de produire écologiquement mon électricité.

Elle est où la logique ?