Depuis les éoliennes, il y a des cancers dans tout le village #Témoignage

Témoignage de Sylvie Derumigny

Je m’appelle Sylvie Derumigny, et je n’ai pas l’intention de me taire. J’habite Dizy le Gros, dans l’Aisne. Ma maison est située du côté du stade de foot. Avant, quand je sortais sur le pas de ma porte, je voyais toute la beauté de la campagne. Des champs, des animaux…tout ce qui fait qu’on aime vivre au calme, et pas dans une zone industrielle ! . Aujourd’hui, où que je me tourne, je ne vois plus que des aérogénérateurs. Le village est cerné, et dans le département il se construit chaque jour de nouvelles machines. Les prochaines feront 200 mètres de haut. La taille de la Tour Montparnasse.

 Avant de tomber malade, j’étais animatrice commerciale. Pendant 18 ans, j’ai adoré mon métier. Je suis aujourd’hui en arrêt maladie pour un cancer. J’ai un sentiment d’injustice énorme. Nous vivons là, tranquillement, simplement. Je n’ai jamais bu, jamais fumé, je fais attention à ma santé et à mon alimentation, et puis peu à peu les migraines vous prennent, les acouphènes aussi. C’est une fatigue indéfinissable que votre corps subit pendant des mois. Et puis c’est la mauvaise nouvelle qui tombe : cancer. Autour de moi d’autres personnes luttent en silence contre les mêmes maux, mais elles n’ont pas forcément le courage de parler, ni la force d’ailleurs, car elles se battent avant tout contre la maladie. Quand vous devez vous rendre plusieurs fois à la sécurité sociale pour que votre dossier soit accepté, quand vous vous retrouvez avec une pension de 300 euros pour vivre et que ces foutues machines continuent de tourner et de vous briser, vous vous demandez comment marche le monde. Je crois qu’il marche avec l’argent. Dizy le gros est cerné par les machines, notre facture d’électricité  augmente encore et encore, et nous, les habitants, nous nous affaiblissons, encore et encore.

Lorsque l’infirmière m’a annoncé la mauvaise nouvelle, j’ai pleuré un bon coup, et puis j’ai redressé la tête et j’ai décidé que j’allais me battre. Je vais aller porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, avec une centaine d’autres personnes qui, comme moi, n’en peuvent plus de subir et de se taire. Cette fois nous disons STOP : pour une fois, et si nous faisions passer la santé des populations avant l’argent ? Parce que tout ça est bien plus une affaire de gros sous que d’écologie ! Et la santé publique, tout le monde s’en fiche.